samedi 10 novembre 2012

Move my body

Voilà, c'est fini. Le semestre est terminé, j'ai rendu tous les travaux que je devais rendre. L'administration n'a pas été capable de me fournir les certificats avec mes notes. «Revenez-lundi». Mais au final, qu'importe ? Je n'en ai cure. Lundi, je serais déjà loin.

Car voici venir le temps de l'Exode. Des mois d'attente, de travail, de questionnement, de déceptions, et, finalement, le jour du départ. Quatre mois sans domicile fixe, sur les routes argentines et chiliennes, avec tout ce que cela comporte de magnifique, surement, et de dangereux, peut-être. Un voyage qui promet d'être exceptionnel, quoiqu'il en soit. Le plus long que j'aurais jamais entreprit, le plus loin possible de mon quotidien, qu'il soit français ou argentin. Cela veut aussi dire, pour certaines parties de ce voyage, loin d'un quelconque moyen de communication, et isolé. Mon premier voyage en solitaire également, mais l'expérience roumaine d'il y a deux ans avec mon ami François constitue un riche précédent et une base solide pour entreprendre ce périple sans trop d'appréhension. Ce qui n'est pas peu dire, en ce qui me concerne.

Alors voilà, j'ai dressé un semblant d'itinéraire sujet à changement, quelques activités ça et la. Je me donne le temps de voir. (Et vous pouvez, vous aussi, le voir. Vive la technologie : il vous suffit de cliquer ici.) Seuls quelques points fixes font le squelette de mon mouvement. Ce sera un rendez-vous à Salta avec ma mère et sa soeur, fin Janvier, puis un billet d'avion pour Ushuaïa quelques jours plus tard. A ceci s'ajoutera peut-être, si j'arrives enfin à acheter ce foutu billet, un aller-retour à l'Ile de Pâques. Entre temps, Valparaiso, San Juan, la route des Sept Lacs... Que sais-je...? Autant de noms qui me semblaient exotiques il y a encore quelques mois, et qui paraissent aujourd'hui à portée de main, à portée d'oeil, d'oreille, de sens.
Un voyage. Je ne sais pas trop ce que j'y cherche. Surement une pause, un répit dans ma trépidante vie d'étudiant. En prendre pleins les yeux pendant quatre mois, pour se donner du courage pour la vie active qui approche et qui sera, sans aucun doute, moins sujette à ce genre de chose, à ce genre de chance. Faire le point sur ma vie. Considérer les choix que j'ai opéré, et ceux que j'aurais à opérer bientôt. Me faire plaisir, le plus possible, en évitant les galères comme je pourrais. Non, définitivement, ce voyage ne sera pas commun. Non, cela ne sera pas non plus un trip mystique dans les Andes à la recherche d'une quiétude épicurienne de l'âme. Non. En fait, je ne sais pas si ce voyage a vraiment un quelconque objectif. Le voyage pour lui même, comme une fin en soi. C'est peut-être ça. Tout simplement.
«On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait»
Nicolas Bouvier, l'Usage du Monde.
Sur ces pensées je vous laisse en musique, dans ce qui sera mon hymne au voyage électronique. Bon visionnage. A plus tard.